LA CGT VOUS INFORME
"Anne-Marie Idrac bientôt sacrifiée sur l’autel des réformes ?" ________________________________________
En termes militaires, cela s’appelle un "scud". Dans le jargon diplomatique, un ultimatum.
En appelant à nouveau la SNCF à un "changement de culture", le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, assène à la direction de la SNCF une mise en garde à peine dissimulée.
Pas de temps à perdre, dit-il. Changez. Et vite.
Une première fois, avant la présidentielle, Nicolas Sarkozy, pas même élu, avait prévenu: Anne-Marie Idrac, la présidente de la SNCF, se dit "réservée" sur l’instauration d’un service minimum ? "Elle en tirera certainement les conséquences", assénait le candidat.
Rebelote le 10 juin, jour de l’inauguration du TGV Est. Le Premier ministre François Fillon met les pieds dans le plat, en plein feu d’artifice: la SNCF doit faire plus sur les trains de banlieue, plus aussi sur le fret. Deuxième banderille.
Et puis, il y eut l’histoire des retraites dorées de certains conducteurs de TGV retraités, employés à Taiwan par une société offshore. Une "vieille histoire qui n’a rien d’illégal", s’emportent en privé des membres éminents du comité exécutif. Une affaire un peu trouble, en vérité. La fuite, révélée en une des pages saumon du Figaro, était destinée à faire mal. D’autant que l’indiscrétion proviendrait de cadres dirigeants, lassés du poids des syndicats. De quoi instaurer paix et sérénité dans les couloirs de la maison…
Avec ces piques à répétition, à quoi joue-t-on dans les palais de la République?
Franchement, cela ressemble à un pilonnage en règle d’Anne-Marie Idrac.
Pourtant, dès son arrivée à la suite de Louis Gallois, la présidente de la SNCF avait indiqué qu’elle souhaitait précisément mettre un terme à la culture du conflit en vogue dans la maison, qu’elle entendait bien faire tomber le "mur de Berlin" des relations sociales.
Difficile donc de la faire passer pour une archéo, rétive à tout changement. Mais Nicolas Sarkozy et François Fillon voudraient la peau de l’ancienne députée UDF des Yvelines qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.
Dans l'édition de Challenges de cette semaine, nos confrères Airy Routier et Patrick Fauconnier lèvent le voile: "Nicolas Sarkozy sait qu’il ne pourra conduire ses réformes sans affronter un conflit social majeur. […] Le chef de l’Etat a choisi la date et le terrain: à la rentrée, en s’attaquant de front aux régimes spéciaux de retraite, face aux syndicats de la SNCF et peut-être de la RATP. […]
Le président est convaincu qu’il aura l’opinion publique avec lui. Il a choisi son fusible: Anne-Marie Idrac".
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