Selon l'AFP, la grève du 18 octobre s'annonce massive à la SNCF
[ 05/10/07] Les syndicats de l'entreprise publique se sont tous prononcés pour cette journée de grève durant laquelle circulera "un train sur trois ou quatre" seulement, selon la direction. Si la CGT veut limiter le mouvement à 24 heures, Sud Rail, FO et la Fgaac penchent pour une grève reconductible
Le mouvement de grève prévu par les cheminots de la SNCF pour 18 octobre à l'appel de la totalité de leurs syndicats pour la défense des régimes de retraite spéciaux et du fret s'annonce massif. Guillaume Pépy, le directeur général de la SNCF, a d'ailleurs annoncé jeudi que seul "un train sur trois ou quatre" circulerait le 18 octobre, alors que les fédérations de cheminots n'ont pas encore arrêté les modalités d'action de ce probable "jeudi noir".
Vendredi, lors d'une réunion interfédérale, la CGT, majoritaire, a défendu le principe "d'une grève carrée de 24 heures pour conserver un front syndical le plus large, le plus uni et le plus longtemps possible et faire en sorte que les cheminots ne soient pas isolés au bout du fusil", a indiqué à l'AFP son secrétaire général, Didier Le Reste qui refuse de faire le parallèle avec le long conflit de 1995. Selon lui, il vaut mieux "dans un premier temps" mener "un mouvement national de grève de haut niveau dans des modalités dites 'carrées' (24H) avant d'examiner les prolongements du 18 octobre dans une dimension interprofessionnelle".
Mais d'autres syndicats défendent une position plus dure. Ainsi Stéphane Blanc (Sud Rail) s'est "félicité" que deux syndicats (conducteurs autonomes de la Fgaac et FO) se soient joints à son appel "à une grève reconductible en assemblée générale" à compter du 18. Selon lui, en effet, la CFTC et la CFE-CGC ne sont "pas fermées" sur la question d'une grève reconductible.
Faute d'accord vendredi, les syndicats ont décidé de se retrouver lundi après-midi.
En attendant, la direction de la SNCF a chargé 350 chefs de projet parmi les cadres de l'entreprise publique de consacrer 20% de leur temps de travail à informer les cheminots sur la réforme de leur régime spécial de retraite. Ces chefs de projet vont eux-mêmes choisir 7.000 dirigeants d'unités et de proximité pour organiser "des réunions d'information locales pour tous les agents qui souhaitent avoir une information précise et objective", jusqu'à la fin de l'année.
Pour la CGT, qui diffuse de son côté aux 160.000 cheminots un "argumentaire retraites", la direction "fait jouer à l'encadrement un rôle de relais politique qui n'entre pas dans ses attributions". Même irritation de la CFE-CGC qui a demandé "l'arrêt immédiat de ces pratiques qui relèvent de la faute grave".
Le gouvernement, de son côté, mène sa propre campagne. Ainsi, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a effectué jeudi soir une visite "impromptue" dans un foyer parisien de "roulants" de la SNCF pour défendre son projet de réforme devant "une cinquantaine" de cheminots. M. Bertrand a souhaité avoir "un échange direct avec les cheminots" et les débats ont "donné lieu à des échanges vifs, mais positifs et utiles", selon le ministère du Travail.