Echos de la CPC Fret Du 07 mars 2007

Publié le par pas62

Le contexte particulier des résultats du Fret SNCF a donné, à cette première réunion de la CPC Fret de l’année 2007, l’impression que la direction « marchait à vue ».

 M. Solard, qui présidait cette CPC, a eu beaucoup de mal à justifier le bilan du plan Véron. Alors que ce plan avait pour ambition de privilégier les résultats financiers, quitte à perdre des trafics jugés peu rentables ou difficiles à réaliser, M.Véron a réussi la performance d’échouer sur le volume en sacrifiant les sites de production et les possibilités d’acheminement, mais aussi sur le bilan financier puisque, malgré ces coupes sombres, les pertes du Fret ne sont pas enrayées.

Dès la présentation en 2003 du plan Véron, la fédération CGT des cheminots, avec la quasi-totalité des organisations syndicales, a dénoncé les orientations qui y étaient contenues.

 La délégation CGT a rappelé le bilan des 3 années d’exercice du plan Véron :
− le nombre des triages est passé de 18 à 14 avec des réductions d’ouverture et la direction envisage de réduire encore leur potentiel en définissant 8 triages principaux ;
− le nombre des GPF est passé de plus de 200 à 130 et il est prévu de les réduire à une soixantaine ;
 − le parc de locomotives a été réduit de 24% en trois ans, l’âge moyen des locomotives thermiques est de 37ans ;
− le parc des wagons a chuté de 21% dans la même période, l’âge moyen du parc Fret vieillit pour atteindre plus de 30 ans fin 2006 ;
 − les 7 centres de taxation (CTF) ont été regroupés dans un seul site à Paris Lyon qui croule sous la charge de travail ; − les parcours des trains du Fret ont reculé de plus de 23% en 3 ans ;
− le trafic Fret est passé de 46,8 à 40,9 milliards de TK, soit moins 12% ;
− les effectifs de gestion du domaine Fret ont chuté de 3389 unités en 3 ans, soit -28% ;
 − les effectifs de la filière commerciale Fret ont baissé de 25% dans la même période, avec un effectif divisé par deux pour le 1er collège.

 
L’ensemble de ces chiffres démontre la nocivité d’un plan stratégique orienté vers la réduction des coûts pour s’aligner sur ceux de la concurrence.

 Alors que les atouts de la SNCF, entreprise intégrée, auraient permis de mettre en avant une qualité de production et une souplesse dans l’utilisation des ressources, le cloisonnement par activité a favorisé la désorganisation de la production et la mauvaise utilisation des ressources.


 M. Solard ne nie pas les chiffres que nous lui avons cités et admet qu’il y a eu des erreurs d’appréciation comme l’abandon du trafic par wagon isolé ou la perte des compétences techniques de production du fait des suppressions d’emplois ou des effets du plan social. Pour autant, il ne nous annonce pas un changement radical de stratégie pour la branche Fret.

Ce ne sont pas les « actions prototypes » qui ont pour objectif de calquer les modes de fonctionnement de la SNCF sur ceux des entreprises concurrentes, qui changeront la donne.

Le moins disant social n’est pas un gage d’efficacité technique, mais au contraire prend le risque de brader la sécurité des transports au nom des équations financières de réduction des coûts.

Les responsabilités qui ont conduit le Fret dans cette impasse doivent être établies.

 Pour le développement du Fret SNCF, dans leurs actions nationales, régionales et locales, les cheminots défendent une autre conception du transport des marchandises, basée sur une politique de volume et un effet réseau, ce qui est conforme aux attentes de la population en matière de préservation de l’environnement.


Montreuil, le 21 mars 2007 Communiqué du CTN Exploitation
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Publié dans FRET

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