2ème tour présidentielle 2007 : entretien avec le secrétaire de la fédération CGT des cheminots
A la veille du second tour des élections présidentielles, il nous a semblé opportun de vous communiquer cet article paru dans le journal l’Humanité dernièrement, nous pensons qu’il pourra peut-être encore influencer les derniers cheminots (et leur famille) qui seraient tentés de voter pour quelqu’un qui semble t il ne nous veut pas que du bien ! !
Dans le même esprit, Nicolas Sarkozy veut s’attaquer à la représentativité syndicale dans les entreprises.
Le but : retirer à ceux qui peuvent encore y avoir recours le droit de grève comme possibilité d’expression démocratique.
Si Sarkozy indique que c’est là l’une de ses priorités s’il est élu, c’est parce qu’il y voit un moyen d’affaiblir globalement le mouvement social. Pour ouvrir la voie à des réformes régressives.
C’est cette politique qu’a conduite Margaret Thatcher dans les années quatre-vingt au Royaume-uni.Avant de s’attaquer aux dockers, aux mineurs, de privatiser les chemins de fer, elle a d’abord démantelé le droit syndical et le droit de grève.
Pour annihiler toute possibilité de résistance des salariés. Nicolas Sarkozy représente un danger non seulement pour le progrès social, mais aussi pour les libertés individuelles et collectives.
Didier le Reste. CGT : Dire aux petites gens, qui ont des petites retraites, que l’on va revaloriser leurs pensions en alignant les régimes spéciaux sur le régime général relève de l’escroquerie intellectuelle. D’abord parce que les régimes spéciaux concernent moins de 5 % des retraités. A entendre Sarkozy on croirait que les cheminots retraités paient l’ISF. La vérité, c’est que 62 % d’entre eux touchent moins de 1 500 euros brut par mois. En outre, les p restations attachées au départ en retraite à 50 ou 55 ans sont financées par les cheminots, par le biais de cotisations salariales et patronales de 12 % plus élevées que celles du régime général. Si l’Etat actionnaire s’acquitte d’une contribution d’équilibre, c’est en compensation du déséquilibre démographique induit par des politiques publiques : 85 000 suppressions d’emplois, 1985 et 1997, 16 000 depuis 2002.
Didier Le Reste. CGT : La CGT notamment à la SNCF, est légitime. Nous sommes majoritaires, avec des représentants élus par les salariés. Nous sommes toujours dans un pays démocratique, avec des droits et des devoirs. Lorsqu’une politique économique et sociale va à l’encontre des intérêts des salariés, il est de notre responsabilité d’organisation syndicale de créer les conditions de mobilisation pour s’y opposer.
Nicolas Sarkozy s’en est pris de manière très agressive, à la CGT, et en particulier à la fédération des cheminots. Que vous inspirent ces attaques ?
Didier le Reste. CGT : « La même politique que Margaret Thatcher » ! Il est lucide sur l’appréciation que nous portons sur sa politique. La CGT cheminots n’a de cesse de combattre les politiques libérales et ultralibérales conduites aux plans national et européen sous l’impulsion des gouvernements de droite. Le candidat UMP incarne cette droite ultralibérale, déterminée à appliquer le programme du patronat, qui vote à 96 % pour lui. Comment réagissez-vous face à sa détermination sur le service minimum ?
Didier Le Reste. CGT : Il ne s’agit pas, dans la conception de Nicolas Sarkozy et de l’UMP, d’améliorer les conditions de transports des usagers. Il n’y a pas besoin de mouvements de grève à la SNCF. Au quotidien, des trains sont supprimés, en panne ou en retard du fait de l’insuffisance de moyens financiers, humains et matériels. Le service minimum, un concept patronal, vise, en fait, à remettre en cause de droit de grève. Dans le même esprit, Nicolas Sarkozy veut s’attaquer à la représentativité syndicale dans les entreprises.
Le but : retirer à ceux qui peuvent encore y avoir recours le droit de grève comme possibilité d’expression démocratique.
Si Sarkozy indique que c’est là l’une de ses priorités s’il est élu, c’est parce qu’il y voit un moyen d’affaiblir globalement le mouvement social. Pour ouvrir la voie à des réformes régressives.
C’est cette politique qu’a conduite Margaret Thatcher dans les années quatre-vingt au Royaume-uni.Avant de s’attaquer aux dockers, aux mineurs, de privatiser les chemins de fer, elle a d’abord démantelé le droit syndical et le droit de grève.
Pour annihiler toute possibilité de résistance des salariés. Nicolas Sarkozy représente un danger non seulement pour le progrès social, mais aussi pour les libertés individuelles et collectives.
Le candidat de l’UMP présente les régimes spéciaux de retraite comme un privilège…
Didier le Reste. CGT : Dire aux petites gens, qui ont des petites retraites, que l’on va revaloriser leurs pensions en alignant les régimes spéciaux sur le régime général relève de l’escroquerie intellectuelle. D’abord parce que les régimes spéciaux concernent moins de 5 % des retraités. A entendre Sarkozy on croirait que les cheminots retraités paient l’ISF. La vérité, c’est que 62 % d’entre eux touchent moins de 1 500 euros brut par mois. En outre, les p restations attachées au départ en retraite à 50 ou 55 ans sont financées par les cheminots, par le biais de cotisations salariales et patronales de 12 % plus élevées que celles du régime général. Si l’Etat actionnaire s’acquitte d’une contribution d’équilibre, c’est en compensation du déséquilibre démographique induit par des politiques publiques : 85 000 suppressions d’emplois, 1985 et 1997, 16 000 depuis 2002.
Le candidat de l’UMP a l’air d’estimer qu’une fois élu sa légitimité démocratique le dispenserait de toute à l’égard des syndicats et mouvements sociaux.
Didier Le Reste. CGT : La CGT notamment à la SNCF, est légitime. Nous sommes majoritaires, avec des représentants élus par les salariés. Nous sommes toujours dans un pays démocratique, avec des droits et des devoirs. Lorsqu’une politique économique et sociale va à l’encontre des intérêts des salariés, il est de notre responsabilité d’organisation syndicale de créer les conditions de mobilisation pour s’y opposer.

Quel que soit le résultat du second tour, la CGT continuera de défendre le service public et les conditions sociales qui s’y attachent. 
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