Maîtrises et cadres: des salaries au coeur de l'enjeu syndical

Publié le par pas62



Fin 2006, plus de 4 cheminots sur 10 sont maîtrises ou cadres, une augmentation de 5% en 5 ans : telle est l’évolution du salariat. Leur engagement syndical est plus que jamais un enjeu pour tout le syndicalisme. Le 40e congrès de la Fédération en a fait une de ses priorités.

La direction de l’entreprise a intégré ce phénomène et s’appuie dessus pour mettre en place sa politique économique et sa stratégie industrielle.
C’est tout le contenu du volet managérial développé conjointement aux différentes phases du projet industriel depuis 2002.
Réduction de la ligne hiérarchique et mise en place des DPX, individualisation des revenus et adossement de ceux-ci aux résultats, management aux objectifs et mise en concurrence des salariés par la réforme du système de notation: ce sont des mesures qui sont issues du privé, tout particulièrement des secteurs commerces et services, et qui constituent un vrai danger pour le personnel.


MANAGERS ET MANAGÉS


L’entreprise tente ainsi de créer une frange de salariés soumis à la cause libérale et porteurs de sa politique. Des personnels tenus par la pression hiérarchique et le stress aux résultats. Des agents dont les objectifs exigés et les missions attribuées les placent entre le marteau et l’enclume comme nous le décrivaient les participants au Forum des DPX organisé par l’UFCM CGT en 2005.
À chacune des rencontres, nous avons pu mesurer le malaise de l’encadrement. Ils sont porteurs de revendications précises: respect de la durée du travail, paiement et reconnaissance des qualifications et de la technicité, moyens pour assumer leurs responsabilités sociales et juridiques, éradiquer toutes les formes de stress et de souffrance au travail, garantir le maintien des droits de salariés et de citoyens au sein de l’entreprise.
La CGT a le devoir de porter ces revendications légitimes, nous ne pouvons pas laisser se poursuivre ces dérives managériales, trop d’exemples dramatiques, comme récemment chez Renault, nous ont montré où elles conduisent.
Pour répondre à ces attentes propres à l’encadrement, nous devons posséder un outil syndical adapté et efficace. L’UFCM a fait preuve de dynamisme durant ces dernières années, mais nous mesurons tous que la stratégie de l’entreprise porte ces fruits dans certains domaines d’activité. Il nous appartient donc de réagir, de renforcer notre influence et d’accroître notre activité vers ces catégories professionnelles.
Avoir une UFCM forte, rendre notre activité visible, donner de la lisibilité à notre engagement vers les maîtrises et cadres sont des démarches indispensables à notre déploiement.


RASSEMBLONS LÀ OÙ LA DIRECTION VEUT DIVISER


L’approche des salariés en responsabilité prend quelquefois un caractère particulier, leurs conceptions des pratiques syndicales et du militantisme sont conditionnées par leurs fonctions, leurs places et leurs rôles au sein de l’entreprise créent parfois des relations tendues entre collèges. Le patronat utilise ces données pour scinder les salariés mais nous devons dépasser ces clivages.
Travailler les convergences et rassembler l’ensemble du salariat autour de nos valeurs, telles doivent être les ambitions de toute notre organisation.

Étendre notre champ de syndicalisation et engager nos forces vers les maîtrises, les cadres et les jeunes diplômés sont aujourd’hui des éléments indispensables à notre renforcement.
La réponse aux besoins de l’encadrement et la syndicalisation de masse dans les 2e et 3e collèges seront les fils conducteurs du prochain congrès de l’UFCM-CGT.

Et comme l’a décidé notre congrès fédéral, l’adhésion des maîtrises et cadres ne doit pas être l’affaire de spécialistes mais celle de tous les militants car il n’y aura pas de syndicalisme conquérant sans un rassemblement massif de salariés sous la bannière de la CGT et sans une adhésion massive des maîtrises et cadres.

LE CHIFFRE: 4 100
C’est le nombre de syndiqués à l’UFCM CGT qui partiront à la retraite d’ici à 2010. Ils représentent une majorité de nos syndiqués. On mesure donc bien l’importance d’être dès maintenant à l’offensive sur la syndicalisation des maîtrises et cadres. Car comme l’a dit le 40e congrès, il en va certes de l’avenir de l’UFCM CGT, mais aussi de toute notre Fédération. Car sans les maîtrises et cadres aujourd’hui à la SNCF, il n’y a pas de syndicats forts.



Gilbert Garrel
Secrétaire général de l’UFCM CGT
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Publié dans Se syndiquer

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