Compte rendu de la rencontre avec les cabinets du Ministre de lEnvironnement et du Secrétaire dEtat aux Transports
En réponse à la sollicitation de la Fédération CGT des cheminots, les Cabinets du Ministre de l’Environnement : M. BORLOO et du Secrétaire d’Etat : M. BUSSEREAU, ont reçu aujourd’hui (24 juillet 2007) une délégation de la CGT composée de Didier LE RESTE, Laurent RUSSEIL et Henri BASCUNANA.
La délégation CGT a ouvert la rencontre en faisant un point précis de la situation économique et sociale de l’activité Fret de la SNCF :
Elle a d’abord souligné les conséquences désastreuses de la mise en œuvre du Plan VERON 2004/2006 avec plus particulièrement les pertes de trafics importantes, la pression quasiment suicidaire pour l’avenir de FRET SNCF sur les moyens de la production, qu’ils soient humains ou matériels et, bien entendu, un résultat économique très loin des objectifs affichés.
Avec fermeté, elle a affirmé que le Plan VERON est un échec à surtout ne pas reproduire tant sur le fond que sur la forme.
Elle a ensuite précisé la stratégie de la Direction SNCF actuelle autour du Plan IDRAC/PEPY/MAREMBAU en pointant en premier lieu :
- une conception du dialogue social de la Direction SNCF qui se résume à une écoute distraite des propositions des organisations syndicales sans prise en compte ni débat ;
- une stratégie économique et sociale qui se veut le « Tome 2 » du Plan VERON sans aucun objectif de développement et avec des conditions sociales tirées vers le bas ;
- des abandons de trafics en particulier pour le wagon isolé, une fiabilité et une régularité en recul régulier, des fermetures de triages et de gares… des actes en opposition aux préconisations du rapport Weibel, Président du comité spécialisé Fret au sein du Conseil d’Administration de la SNCF.
Sans menacer mais de façon solennelle, elle a indiqué que si aucune inflexion n’était donnée à ce plan, la Fédération CGT des cheminots avec d’autres forces ne laisseraient pas faire la Direction de l’Entreprise et mobiliseraient les cheminotes et les cheminots.
Les Propositions de la CGT
Pour finir, elle a rappelé l’ensemble de ses propositions en soulignant les atouts du service public SNCF ainsi que la nécessité d’une vraie politique de volume avec comme premier objectif 50 milliards de tonnes kilomètres (GTK) en 2010 et la mise en place d’un moratoire afin que la Direction de la SNCF puisse ouvrir des négociations avec les organisations syndicales en prenant en compte :
- les déclarations d’intention du Président de la République stipulant que la part du transport Fret non routier augmente de 25% en 5 ans ;
- les travaux et décisions qui seront prises lors du « Grenelle sur l’environnement ».
Avec insistance, la Délégation CGT a demandé un positionnement clair des Pouvoirs Publics et des Ministères de tutelle sur l’ensemble de ces points.
Les responsables des Ministères, après avoir écouté attentivement la délégation CGT et avoir demandé des précisions sur notre analyse du Plan Véron, l’avenir du combiné, les conditions sociales des ADC de la SNCF, en comparaison avec ceux de la concurrence, ou sur la question des opérateurs de proximité, ont déclaré :
- avoir apprécié l’échange qui leur donnait une autre « image » de la situation du fret à la SNCF et des orientations que met en œuvre la Direction de l’entreprise ;
- partager que le Plan VERON est un échec à ne pas reproduire, se demandant même où sont passés les 1,5 MM€ attribués à ce plan ;
- confirmer que le dialogue social ne peut pas être qu’une simple chambre d’enregistrement ;
- qu’une politique de volume est indispensable pour faire face aux coûts fixes de la SNCF ;
- que les chargeurs parlent beaucoup plus de fiabilité du service que de son coût, contrairement à la Direction de la SNCF.
Pour conclure, ils ont affirmé que le contenu de notre réunion serait transmis sans délai au Ministre et au Secrétaire d’Etat aux Transports avec l’objectif d’organiser une rencontre dès le mois de septembre 2007 avec M. BORLOO et M. BUSSEREAU.
Pour la délégation CGT, cette rencontre a permis d’apporter un autre « son de cloche » aux Ministères de tutelle qui semblaient avoir été informés de manière partiale sur la situation de FRET SNCF par la Direction de l’Entreprise.
Sans préjuger des suites données à cet échange et du contenu de la rencontre de septembre, il est indispensable que dans tous les sites nous poursuivions pendant tout l’été notre état de « veille » afin de réagir et de ne pas laisser se développer la stratégie de la Direction du Fret, consistant à fermer des gares, des triages, supprimer des effectifs ou abandonner des trafics…